samedi 14 mars 2009

On the road again


Roman apocalyptique, "La Route" de Cormac McCarthy ne raconte rien : un homme et son fils avancent le long d'une route dans un pays de l'après apocalypse (nucléaire, peut-être) et tentent de survivre. Une route, un pays ravagé par les incendies, de la cendre partout, animaux disparus, flore éteinte, soleil caché, humanité - où ce qu'il en reste - devenue sauvage, "La Route" est d'un pessimisme saisissant, et fonctionne essentiellement parce qu'il refuse tout spectaculaire dans l'action : ce qui compte ici, c'est la minutie des gestes de survie, pas les éventuelles bastons contre des zombies (d'ailleurs, il n'y en a pas).
Ou si vous préférez, c'est comme si au lieu de suivre Mad Max, on s'intéressait à un pauvre figurant d'arrière-plan, celui à peine entrevu au fond de l'image, et qui n'est en rien remarquable.

"La Route" a reçu le prix Pulitzer, ce qui l'a propulsé comme un best-seller aux Etats-Unis, puis dans le monde. On y a vu une oeuvre richement métaphorique, visionnaire. C'est sans doute vrai, mais ce qui marque vraiment c'est le pessimisme du récit, et l'effroyable sentiment de solitude qui s'en dégage. Pas mal du tout pour un roman à la mode. Et quel prénom étrange, Cormac, je vous jure.

3 commentaires:

Thierry Rolland a dit…

"Pas mal du tout pour un roman à la mode."

Une bien belle phrase à la con ça...

Appollo a dit…

Hé hé, ouais.

yves. a dit…

La route a eu un bon succés.
Alors que "le prout" d'Anorak Macari n'a pas eu un grand succès.
problème de bouche à oreille sûrement.