mardi 8 avril 2008

Mille fois le Tibet

Tintin au Congo ou Tintin au Tibet ?

(finalement, j'ai viré un texte tartignolle pour n'en garder que la substantifique moelle)

20 commentaires:

Anonyme a dit…

Tintin ! voilà du boudin !
Bon, c'est pas un peu fini ton grand n'importe quoi ?!
On dirait un ado en train de se donner bonne conscience.....

Richard Milhous Nixon

Appollo a dit…

Ouais, je n'ai finalement gardé que le titre qui est beau comme du Angot, et le message de fond : Tintin au Tibet est mieux que Tintin au Congo.

Anonyme a dit…

Tu n'as pas viré ton texte assez vite....J'ai déjà envoyé la CIA à tes trousses !!!

Richard Milhous Nixon

Anonyme a dit…

Et Tintin c'est vieux !
El Coyote n°3 est en ligne !!!!
Dans ce numéro...de la drogue et des saucisses !

http://www.cromwell.fr/elcoyote/

GABBAgabbaHEY !
Dee Dee Ramone

Totoche a dit…

Quand Dalaï-Lama fâché, lui toujours faire ainsi !

Hu Jintao a dit…

Tiens, j'ai une soudaine envie d'aller couler un bonze.

Le bonze Eudmo a dit…

Tchang !!!!

le Capitaine Lamar a dit…

Le bonze Eudmo ...
ça cache quelque chose ...

anonyme cromwell a dit…

El coyote est en ligne, téléphone lui...
au 0820989812
Il se caressera en te disant des choses sur la BD...

politique et BD a dit…

Quel courage, monsieur!!!

cuculoco a dit…

titin, crumb, y'a que des trucs de vieux con sur ce blog.

david douillet a dit…

david douillet au tibet
david douilet au congo
david douillet a les oranges bleues

Hu Jintao a dit…

Lui, lui lui, et lui ! Au poste !

cromwell a dit…

Appollo,
y'a de la trollette qui veut nous faire croire qu'il faut arrêter de baiser à cause de la repression au Tibet et de la faim dans le monde.....

....Troll, "Objectif Lune", tu connais ?

Les compagnons de l'humour a dit…

Cher Monsieur Cromwelle, "la confrérie des bouts en train de l'Auvergne" est heureuse de vous décerner à l'unanimité notre prix:
Le volcan d'or de l'humour.

Vos blagues irrésistibles nous ont fortement amusées.

Une collation sera donnée à la salle polyvalente de Recoules en votre honneur.

Anonyme a dit…

kikou c marine ki é tombé sur ton wikipédia
et ton lieu de bloger je t' admire toujour a plus a la prochaine en nc

hu jin tao a dit…

Je mets quoi comme adresse pour la facture de la balle ?

Jacques Rogge a dit…

Votre badge, vous savez où vous pouvez vous le mettre ?

Christine Lagardel'est a dit…

Et si on boycottait plutôt les sponsors que les jeux ???? (non, je déconne, ;-), mdr, lol)

Pierre Assouline a dit…

Tintin, agent du Dalaï-Lama

Tintin ayant beaucoup fait pour la cause du Tibet, il était normal que le Tibet en fît autant pour la cause de Tintin. C’est ainsi que le Dalaï Lama a remis en 2006 à la Fondation Hergé le prix Light of Truth de l’ICT (International Campaign for Tibet) laquelle est l’un des partenaires de la Fondation Hergé pour le centenaire du créateur. Georges Remi (inversez ses initiales et vous avez son nom de plume) en eût été heureux. Gardons-nous ne jamais faire parler les morts mais n’oublions pas que le bouddhiste belge en lui, qui considérait Tintin au Tibet comme son album préféré, eût été comblé de constater que celui-ci représentait toujours un enjeu politique. Car le chef spirituel du bouddhisme tibétain ne s’y est pas trompé : Tintin est son meilleur agent de propagande. La preuve : il y a cinq ans, lors de sa parution en mandarin, l’album était abusivement intitulé Tintin au Tibet chinois. La Fondation Hergé diligenta des plaintes afin d’obtenir que le dernier mot indûment rajouté soit dûment retiré; on n’en attendait pas moins de la part de ses dirigeants, Fanny, la veuve d’Hergé, et son mari Nick Rodwell, étant tous deux convertis au bouddhisme. Aux yeux du Dalaï Lama, qui accepta leur invitation d’inaugurer une grande exposition “Tintin au Tibet” à leurs côtés, l’album d’Hergé n’a pas seulement « révélé au monde la beauté du Tibet », il a également « suscité une prise de conscience internationale plus aiguë du Tibet ». Combien de bandes dessinées peuvent-elles en dire autant ? Le destin de celle-ci est d’autant plus étonnant qu’il n’était pas prémédité.

Tintin au Tibet (ci-contre son édition en tibétain) est né d’une grave dépression d’Hergé, déchiré par un cas de conscience qui ne le laissait pas très zen, rongé par la culpabilité à l’idée de quitter sa femme pour sa maîtresse. Irrésolu, il se reprochait d’être trop vertueux, de ne jamais dévier du chemin du devoir, comme son héros de papier. Il s’immergea dans le travail, se lança dans plusieurs projets successifs, passant d’espions trafiquant des pilules radioactives à l’expropriation de Peaux-Rouges de leur réserve avant de tout laisser tomber pour une intuition écrite à la hâte : « Thème général très simple. Mais quoi ? Sagesse tibétaine- Lama. Abominable homme des neiges. Pourquoi partent-ils au Tibet : le yeti… » Il se documenta aussitôt et se mit au travail mais à mi-parcours hésita à renoncer : ses nuits étaient hantées par des rêves de blanc. Tant et si bien qu’il se rendit pour la première fois chez le professeur Ricklin, psychanalyste jungien, lequel ne lui suggéra pas seulement d’abandonner son travail : « Vous devez exorciser vos démons, vos démons blancs. Il faut tuer en vous le démon de la pureté ! » En le quittant, Hergé était enfin résolu : il décida de poursuivre son album et d’abandonner le psychanalyste.

La 63èmeet dernière planche de Tintin au Tibet paru dans le journal Tintin le 25 novembre 1959, huit mois après la sanglante répression d’une révolte populaire à Lhassa par l’armée chinoise, le départ en exil du Dalaï Lama et de 100 000 de ses compatriotes. L’album sortit en 1960. Cette œuvre intime, émouvante et hantée par la mort était l’exact reflet de la crise morale qu’il venait de traverser. Elle est mélancolique, nostalgique, comique et historique. La couverture ? une tache blanche, pendant de l’autre pilier de son œuvre, la tache rouge du Lotus bleu. Un chant dédié à l’amitié dans ce qu’elle a de plus pur. De quoi se réconcilier avec lui-même. Il s’accepta enfin après avoir vaincu le mauvais en lui, jusqu’à évoquer dans une dédicace à un ami « l’adorable homme des neiges ». Rien à changer dans cet album. A peine un détail : Air India étant fâchée d’être associée à une catastrophe aérienne, Indian Airways devint Sari Airways dans les rééditions. Pour le reste, plus d’un demi-siècle après, il demeure d’une brûlante actualité même si Hergé ne l’a pas fait exprès. Tingting et son fidèle Neige blanche n’ont pas fini leur longue marche.

Pierre Assouline, La république des livres, 28.03.08
http://passouline.blog.lemonde.fr/