samedi 3 mai 2008

Sud-ouest africain

Il m'a échappé jusque là.
Il doit savoir que je le cherche.
Je le trouverai, dussè-je arpenter tout le Kalahari, explorer les dernières dunes du Namib, passer au peigne fin le Damaraland et le Kaokoland...

J'y retourne demain et dans une semaine je montre ici même mon trophée.

seventeen thirty


Ils sont vraiment forts ces Américains : hier matin, je poste (avec un retard conséquent) les contrats signés pour une édition américaine d'Île Bourbon 1730. Hier soir, je tombe sur l'annonce de la sortie du livre, ici. Comment ils sont trop rapides !

Dans le petit texte qui me présente, il y a cette phrase : "he has worked on projects with some of the most prestigious French creators."
Stéphane est persuadé qu'il s'agit de lui. Sacré Stéphane.

Lewis, quant à lui, pense déjà à l'adaptation qu'Hollywood ne manquera pas de nous proposer. Soit. Mais - et je suis prêt à le dire aussi bien à Jarmush qu'à Lynch - il n'est pas question que les auditions se passent sans moi : j'ai quelques idées pour la distribution féminine, par exemple.

Des dangers de la mal-bouffe


Il est autour de 9 heures du soir, et j'ai pris ma bagnole pour aller chercher des pizzas. Sur la route de Viana, je suis pris dans un embouteillage.

A ma portière surgissent deux ados, 15-16 ans, pas plus, qui m'interpellent en portugais. Je les regarde, interloqué (malgré ma bonne volonté, je reste une tanche finie en portugais).

L'un d'eux sort un pistolet, l'arme devant moi, et soudain je me découvre un don pour les langues : "Telephone, dineiros, rapido ! Rapido !". Il agite son flingue sous mon nez.

Je donne mon téléphone ; mon paquet de clopes, même. Je suis prêt à tout donner, ce soir. Mais mes clopes, il en veut pas, il s'énerve : "Rapido, rapido !".

Son comparse passe son corps par la fenêtre de la portière et tâte dans le noir pour voir s'il y a quelque chose à piquer. Je tente un héroïque "Não tenho nada" (je n'ai rien). C'est complétement stupide. D'autant plus stupide que le comparse palpe ma poche arrière dans laquelle se trouve mon portefeuille. Baisé canard, comme on dit chez ouam.

Je file le larefeuille, en me disant que 1. j'ai 300 dollars dedans, moi qui n'ai habituellement pas un sou vaillant sur moi et que 2. je suis en train de me faire piquer ma carte bleue et mon permis de conduire, ça m'apprendra à me promener avec, alors que je n'en ai strictement pas l'utilité à Luanda.

Celui qui a le flingue ouvre d'une main le portefeuille, prend les dollars et me jette le larefeuille dans la voiture.
Ils disparaissent aussi vite que ça.

Merde. Je tremble un bon coup après coup. Je me réjouis d'avoir conservé mes papiers. Presque je leur dirais "obrigado les gars", mais je me ravise car je sens confusément que le syndrome de Stockholm est en train d'agir (d'ailleurs, n'avais-je pas une petite toux, hier ?).

Et puis je me rends compte que j'ai 50 dollars dans une autre poche (pour les pizzas). Ah ah ! Quels losers ces ladrãos ! Même pas ils ont vu que j'avais encore de l'argent !

C'est pas le tout, je redémarre acheter mes pizzas. Ca pourra toujours faire une note héroïque sur mon blog, tiens.


Pourtant, il faut que je le précise, je n'avais jamais senti d'insécurité à Luanda. Rien à voir avec Lagos, par exemple, où la ville entière semblait suinter la violence urbaine.
Le problème luandais s'explique, je crois, assez simplement (en dehors des raisons habituelles liées au sous-développement :

- en 1994, la guerre civile a éclaté de nouveau, en pleine ville cette fois. Le MPLA au pouvoir a fait distribuer à la population de Luanda des armes pour se débarrasser des militants de l'UNITA (avec succès).
Mais, quand il s'est agit de récupérer les armes dispéersées, ça a été une autre histoire. Ainsi, toute cette année, en prévision des élections législatives de septembre, la police a multiplié les actions coup de poing pour récolter les armes. Tâche titanesque tant il semble que chaque habitant de cette ville possède au moins une arme de guerre à la maison.

- l'Angola croule sous le pognon. Non seulement il y a le pétrole, mais il y a aussi les diamants. Une partie de la population angolaise est devenue riche à un point qu'on n'imagine pas. Comme on imagine difficilement que des millions de luandais vivent dans les musseques autour de la ville, dans des conditions dramatiques. Il est vraisemblable que si la répartion des richesses n'est pas un tout petit peu plus équitable, les prochaines années risquent d'être un peu tendues à Luanda.

A Bamako


Seydou Keita (Bamako 1920, Paris 2001) était un photographe de ville dont les portraits étaient très appréciés au Mali. Un jour, tardivement, le milieu de l'art contemporain l'a découvert.

Série de femmes


Série "avec véhicule"

dimanche 27 avril 2008

Angola, tan lontan

Quelques photos que j'ai chopées ici ou là sur internet (par exemple sur cet excellent site).



La capitale historique du peuple bakongo est Mbanza-Congo, dans l'actuelle province angolaise de Zaïre.

Deux photographes angolais (à moins que le premier ne soit congolais, je ne sais plus) qu'un siècle sépare. La deuxième photo est tirée de l'expo "Luanda Pop" (photographe : Kiluanji Kia Henda). Elle a été prise à 100 mètres de chez moi.

Là, c'est la guerre, donc.

Louisiane

Le festival du riz de Crowley, en 1938.
Les Cajuns ne sont pas loin.

samedi 19 avril 2008

Humour noir

Ha ha, un dessin d'Hobopok volé sur son blog qui me fait bien rigoler : Guaino* se chargeant du discours d'entrée au Panthéon de Césaire.



*pour ceusse qui l'auraient oublié, Guaino est l'auteur du déplorable discours de Dakar de Sarkozy.