mardi 12 juin 2007

Cornélius


La plus chouette maison d'édition de bandes dessinées du monde fête ses 16 ans avec un superbe catalogue, drôle, magnifiquement illustré et passionnant à lire.
Je ne sais pas bien si on le trouve dans le commerce, mais vous pouvez le commander sur le site de Cornélius.
C'est bourré de jolis dessins, de planches de bd inédites et d'anecdotes rigolotes. Cornélius, c'est l'éditeur qui permet de ne pas desespérer de la bd, bon dieu !

Bougez votre cul, c'est presqu'épuisé.

La critique est tésée.

lundi 11 juin 2007

Nicolas Grenier

Ouais, encore des clips. Et ouais, encore des vieux trucs de mon oisive jeunesse*, mais là, c'est quand même vachement plus classe que les roses tatouées (y a des mecs qui dansent torse nu dans le premier, et une ambiance un peu poisseuse dans le deuxième).
Nick Cave, "Stagger Lee" :



Et puis encore Nick Cave, "Red Right Hand" :



* "Chanson de la plus Haute Tour" pour ceusse qui veulent se cultiver.

Le salaud lumineux

Je viens de voir "L'Avocat de la terreur", le documentaire de Barbet Schroeder consacré à Jacques Vergès. C'est drôle et effrayant, et vraiment passionnant de bout en bout. On suit l'itinéraire de Vergès depuis la guerre d'Algérie jusqu'aux affaires de terrorisme des années 80, en particulier celles liées au groupe "Carlos".

Schroeder se méfie du pouvoir d'attraction de Vergès, et sait rester à bonne distance de lui, d'abord en évitant toute subjectivisation du récit (pas de commentaires off, pas même la reprise des questions qu'il lui a posées), ensuite, et c'est ce qu'il ya de plus passionant, en multipliant les contre-points, les changements de points de vue grâce aux multiples témoignages d'acteurs ou de témoins des évènements racontés (dont Siné).
Du coup, ce n'est plus tant le portrait de l'avocat scandaleux qui passionne, mais l'espèce de radioscopie des décennies 70/80 prises sous l'angle du terrorisme international. Et on y découvre une galerie de personnages étonnants, qu'on pensait pourtant connaître tant les j.t. de l'époque en avaient parlé (Anis Nacache, Carlos etc), mais qui prennent ici un relief déroutant : en fait de terroristes sous l'emprise d'une idéologie radicale, on a affaire à des sortes de pieds nickelés terrifiants, tuant à tort et à travers, pour les mobiles les plus triviaux ou les plus futiles.
On se prend à rire en entendant Carlos vitupérer contre Vergès parce qu'il aurait "sauté sa copine", ou en voyant la confession drôlatique d'un terroriste allemand repenti... C'est horrible, parce qu'évidemment ces sinistres clowns sont les reponsables directs de dizaines de morts, et en même temps salutaire, parce que ça signifie que même chez les pires terroristes (et ça doit bien être la même chose avec Ben Laden : rappelez-vous Mollah Omar s'enfuyant de Kaboul sur son 103 SP) il y a cette commune humanité engluée dans le grotesque.

La bande annonce de ce petit chef d'oeuvre :



Ah oui, un autre docu de Schroeder, plus ancien mais tout aussi terrifiant et drôle, vient de sortir en dvd. Il s'agit de "Général Idi Amin Dada, autoportrait".


samedi 9 juin 2007

Nice Boys (don't play Rock'n'Roll)

Il y a quelques mois, Bouzard avait demandé "Quel est le meilleur groupe de rock du monde ?". Plutôt que de citer les très attendus Stooges, Velvet, Ramones ou Sonic Youth, La Crainte et moi-même avions crânement répondu : Rose Tattoo !



Angry Anderson - le nabot teigneux - et sa bande avaient, le temps de quelques morceaux basiques et limités, inventé le hard-rock australien : pas de fioritures, d'envolées lyriques ni de solos interminables, juste du rock de ploucs venus du fin fond du bush australien.

Rose Tattoo, donc, avec "Rock'n'Roll Outlaw", clip idiot :

samedi 2 juin 2007

Tom of Finland

La Finlande, c'est simple :
- les romans de Paasilinna (brefs, drôles mais un peu répétitifs)
- les films de Kaurismäki (lents, drôles et légèrement dépressifs)
- 22 Pistepirkko (vu en concert à Paris avec Manu il y a quelques années. Il y avait ce type qui braillait dans la salle, parce qu'il ne voulait pas de rappel - "Y a pas de rappel dans un vrai concert de rock" beuglait-il - et le public, très bobo, était outré d'un tel comportement, alors une fille lui a dit "Chuut !" d'un air courroucé, ce qui a décuplé l'ire du beugleur. Ensuite, il a mouillé ses mains de whisky pour replaquer ses cheveux en arrière, en insultant ce public de "ptits bourges qui savent pas ce que c'est que le rock". Manu et moi ne pouvions qu'approuver. Manu a ajouté, en direction de l'indélicate : "Quoi, chut ? On n'est pas à la messe." La réplique lui a tellement plu, que depuis, il la répète régulièrement d'un air satisfait. Par la suite, j'ai appris que ce sympathique énergumène (le beugleur, je veux dire) était un acteur de seconde zone qui avait tourné dans un film de Bertrand, et qu'il était effectivement, comme le coup du whisky dans les cheveux me l'avait fait entrevoir, un vrai type plein de classe. De classe rock'n'roll, certes, mais c'est celle qui compte dans un concert de 22 Pistepirkko.)

22 Pistepirkko, donc, clip de Birdy :